Salut!
Je vais essayer de te faire un récap du coup
(je ne sais pas quel est le point exact qui te pose soucis donc si ce n'est toujours pas clair, n'hésite pas à me le dire)Les prélèvement sont régis par des principes instaurés suite à la loi de bioéthique de 2004 et confirmés en 2011 :
Principe d'intégrité On n'a pas le droit de faire du mal aux gens bien qu'il existe des exceptions thérapeutiques :
- Nécessité médicale (on altère la personne pour son bien : en cas de cancer, il faut parfois enlever un organe entier, dont des parties saines, pour avoir une marge de sécurité).
- Intérêt thérapeutique pour autrui (principe de la greffe).
Principe de non-patrimonialité du corps humainEn France, les
dons sont anonymes et gratuits. Le don est très encadré. La vente d’organes est un délit pénal punit extrêmement sévèrement en France et dans la plupart des pays d’Europe.
En revanche, il y a une compensation de la perte de revenu ou des frais engagés pour un donneur vivant (ex : on l’indemnise de son arrêt de travail durant l’hospitalisation, mais s’il gagne beaucoup d’argent il sera perdant : on ne surcompense jamais la perte de revenu).
Principe de protection des mineurs et adultes protégésLes enfants ne peuvent pas donner d’organes solides de leur vivant.
Il existe quelques exceptions pour le don de moelle osseuse et de cellules souches (sous conditions)
Principe du consentement présuméSi un individu ne souhaite pas donner ses organes après sa mort, il doit s’inscrire sur le Registre national des refus (de l’ABM - Agence de Biomédecine gérant les dons d’organes en France depuis 2004.)
Le consentement présumé s’oppose au consentement express. Consentement express : il faut dire explicitement que l’on est donneur pour être prélevés.Autrement dit,
si l'individu n'a pas fait connaître son refus de son vivant, il est considéré comme donneur !
Principe de sécurité sanitaireLe
rapport bénéfice/risque doit être positif pour le donneur vivant comme pour le receveur.
Il existe des donneurs décédés (prélèvement post mortem) et des donneurs vivants
DONNEURS VIVANTS

Peuvent donner de leur vivant :
- Les
majeurs. (++ Donc si on te dit qu'un enfant vivant peut donner son rein : tu comptes faux)
- Un père, une mère.
- Par dérogation : toutes les personnes de la famille.
- Quelqu’un ayant une vie commune avec le patient depuis au moins 2 ans (ex : couple marié, pacsé, concubins).
- Au minimum il faut +++ : quelqu’un ayant un
lien affectif étroit et stable avec le receveur depuis au moins 2 ans (ex : un ami de plus de 2 ans).
- Il y a aussi la possibilité de faire des dons croisés entre deux couples receveurs/donneurs (échangisme d’organes, les couples ne sont pas compatibles entre eux donc ils trouvent un autre couple dans la même situation : le rein du donneur du couple 1 va au receveur du couple 2 et le rein du donneur du couple 2 va au receveur du couple 1).
A chaque fois, un comité d’experts évalue le rapport bénéfices/risques et veille à ce que l’information reçue par le donneur et le receveur soit de bonne qualité. On vérifie que le consentement est libre et éclairé au Tribunal de Grande Instance.
En France, les choses sont très bien encadrées : ce Tribunal vérifie qu’il y a au minimum un lien affectif étroit et stable avec le receveur depuis au moins 2 ans qu’il n’y a pas de contrepartie financière ou de pression psychologique et veille à l’obtention d’un consentement libre et éclairé.

Les donneurs vivants peuvent donner :
- Des
organes : doubles (reins),lobes (hépatique, pulmonaire).
- Des
tissus : résidus opératoires retirés lors de chirurgies (os, peau...).
- Des
cellules : moelle osseuse, cellules souches hématopoïétiques circulantes.
PRÉLÈVEMENTS POST-MORTEM
On peut exprimer son refus de donner en s'enregistrant (de son vivant) sur un registre national des refus
Comme j'ai dit plus haut, tant qu'on n'a pas dit qu'on était contre le don d'organes on est considéré comme donneur (consentement présumé)
Cependant, si le médecin n’a pas connaissance de la volonté du défunt, il doit s’efforcer de recueillir auprès des proches la non-opposition au don d’organe éventuellement exprimée de son vivant par le défunt, par tout moyen, et il les informe de la finalité des prélèvements envisagés.
Malheureusement, même si le défunt voulait donner, la famille pourra toujours assurer au médecin que le patient avait récemment changé d’avis et n’était plus d’accord

Il faut demander :
- A chacun des titulaires de l’autorité parentale pour les mineurs.
- Aux tuteurs pour les majeurs protégés sous tutelle (mais pas curatelle).
- A la famille proche s’il n’y a pas de personne de confiance désignée, ce qui est souvent le cas. Sans personne de confiance, il suffit qu’une personne dise que le patient était contre la greffe pour que le médecin soit coincé.

On a 3 sources de dons sur les donneurs décédés :
-
Destruction irréversible du cerveau (mort encéphalique) : on peut prélever tous les organes et tous les tissus.

Avant de prélever le patient en état de ME il y a différents trucs à checker, il ne faut surtout pas le confondre avec un coma végétatif (ME = le patient est mort, il n'a plus aucune activité cérébrale VS coma le patient n'est pas mort il a encore une petite activité cérébrale) :
Des conditions à verifier : Température > 35°C, PAM > 65 mmHg, absende sédatinon/curarisation
Des signes cliniques qui doivent persister dans le temps : absence de conscience, abolition des réflexes du tronc cérébral, pas de ventilation spontanée
Des examens paracliniques (on ne se contente jamais de la clinique++) : soit 2 EEG plats à 4h d'intervalle (mais plus trop réalisé) soit une absence de circulation cérébrale constatée à l'angiographie cérébrale
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Arrêt cardiaque irréversible : on peut prélever tous les organes sauf le cœur (reins, foie, poumons, pancréas...) et tous les tissus.
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Rigidité cadavérique (fraichement mis au reposoir ou post PMO - prélèvement multi organes) : on peut prélever tous les tissus (cornée, vaisseaux, valves cardiaques, peau, ligaments, os).
Ça va mieux ?
