Salut
En fait, bien qu'on vous en parle pas beaucoup, la prescription hors AMM est extrêmement répandue dans le monde médical, par exemple à l'hôpital, 90% des prescriptions pédiatriques sont réalisées hors AMM parce que plutôt que de laisser un nourrisson de 3 mois sans traitement parce qu'aucun médicament n'a été développé pour lui, le pédiatre préferera lui administrer un médicament pour adulte avec même indication et posologie adaptée : c'est hors AMM, c'est pas forcément très sûr et très adapté, mais c'est mieux que de le regarder mourir
Dans ce cas-là ça n'est pas remboursé, puisque c'est hors AMM sans ATU.
Pour le baclofène, c'est un médicament avec une AMM comme myorelaxant (sclérose en plaques notamment), mais utilisé dans le sevrage alcoolique c'est hors AMM puisque ça ne correspond pas à son indication initiale. Ca n'empêche pas que si le médecin ne marque pas "hors AMM" sur l'ordonnance alors qu'il l'utilise pour le sevrage alcoolique, le patient sera remboursé, et ça se fait même si c'est une pratique vraiment borderline.
Le sujet est vaste, et prescrire hors AMM est beaucoup plus fréquent qu'on ne le croît. Bon un autre exemple pour la route

: les inhibiteurs de la pompe à protons sont souvent utilisés en association avec les anti-inflammatoires car ces derniers peuvent augmenter l'acidité de l'estomac et des maux de ventre. Si on prescrit à un patient lambda de 55 ans un anti-inflammatoire, on associe souvent un IPP. Mais que dit le RCP ? Les IPP doivent être prescrits dans le traitement préventif des lésions gastroduodénales liées aux AINS chez les patients à risque, c'est-à-dire de plus de 65 ans ou ayant des ATCD d'ulcères. Vous voyez que ça correspond pas à notre patient, hors beaucoup de médecins feront quand même cette association : c'est encore une fois une prescription hors AMM.
J'espère que ça répond à vos questions
Bonne journée
