Hello
Alors je vais essayer de t'expliquer. Je te refais mon mea culpa ici aux yeux de tout le monde et j'avoue avoir été une marraine/tutrice indigne cette dernière semaine.La PCR classique te permet
d'amplifier les régions EXONIQUES d'une séquence d'ADN.
(Ca c'est la définition basique)l'ADN tu sais que c'est un
enchainement de régions INTRON-EXON à la suite. Ce qui veut dire que lors d'une PCR classique, tu vas amplifier les exons sans prendre en compte les introns.
De ce fait tu ne pourras détecter les mutations de cette portion d'ADN seulement si elles se situent
au niveau d'un exon.C'est bon ca?
Le problème c'est que des fois t'en détecte pas et c'est pas normal. Prenons l'exemple du syndrome de Wolfram:- c'est une
pathologie RECESSSIVE- il faut que l'individu possède les deux versions du gènes MUTEES
pour être malade-
un enfant malade est issu forcément de parents
au moins PORTEURS de la mutations
(c'est a dire hétérozygote pour la mutations) Pour le coup, tu vas prendre l'ADN de l'enfant, et dans le syndrome de wolfram le gène WFS1.
Un gène c'est 2 allèles : un du père, un de la mère. Tu vas chercher à connaître la séquence nucléotidique mutée au niveau des allèles.
En bon professionnel, tu vas réaliser une PCR classique de l'ADN de l'enfant.
Le problème est que à la suite de cette PCR
tu ne trouve qu'une seule mutation EXONIQUE (forcément t'as fait une PCR à partir de l'ADN de l'enfant et que c'est la définition de la PCR)Donc à la suite de cette PCR tu te dis que l'enfant est hétérozygote pour la mutation.
Le problème c'est que c'est pas possible puisque l'enfant est malade et que le syndrome de wolfram est une pathologie récessive.Forcément la mutation que tu n'as pas détecté à la suite de ta PCR sur un des allèle du gène WFS1 de l'enfant
est sur un INTRON. Sauf que voilà tu ne peux pas amplifier les INTRONS avec une PCR classique donc tu peux pas la trouver.
Donc tu vas chercher à voir s'il y'a une mutation au niveau intronique.
Dans ce cas, au lieu d'amplifier directement l'ADN de l'enfant, tu vas laisser se dérouler la transcription. On passe de l'ADN à l'ARNm.
Au cours de la
maturation du transcrit primaire, comme tu l'as vu au premier semestre en biomol, il y'a ce qui s'appelle
l'EPISSAGE.
L'épissage permet de supprimer les introns. Sauf qu'on peut retrouver au cours de cette maturation des mutations au niveau intronique qui vont modifier l'épissage classique.
Ici dans le syndrome de Wolfram:
" Sur une partie intronique du gène WFS1 chez la mère, on a changement d’un G en A formant un AG (site accepteur d’épissage) -> création d’un site cryptique d’épissage "
Et en fait ce qu'il se passe
c'est que cette partie intronique va devenir exonique. C'est a dire qu'il y'a un morceau de cet intron qui ne va
pas être supprimer.
Au final l'ARNm (séquence codante qui correspond à une succession d'exons transcrits) sera plus long que l'enchainement des exons au niveau de l'ADN initial mis bout à bout .

Est ce que tu vois ce que je veux dire?
Voilà ca y'est tu as un ARNm dans lequel est caché une mutation que tu n'as pas détecté par PCR classique lorsque tu étais encore au niveau de l'ADN.
Le problème c'est que tu ne peux pas amplifier directement ton ARNm directement par PCR. Il faudrait retourner à de l'ADN pour pouvoir amplifier les séquences codantes c'est a dire les exons...
Et bien c'est là qu'intervient
la REVERSE TRANSCRIPTASE: à partir de la séquence codante de l'ARNm qu'on a obtenu elle va donner une séquence ADN qui est appelée ADN complémentaire (ADNc)
Cet ADN complémentaire a la même tête qu'un ADN initial,
sauf qu'un des exons de l'ADN complémentaire sera plus long que le même exon de l'ADN initial. En effet le bout d'intron qui s'est transformé en bout de séquence codante, correspond maintenant à un exon au niveau de l'ADNc. Au final t'as obtenu une séquence d'ADN qui contient la mutation intronique.

Là tu peux utiliser la PCR classique et t'amplifie alors les exons de l'ADNc pour pouvoir déterminer la séquence nucléotidique du morceau d'exon en plus qui correspond en fait à un morceau d'intron à la base.
Donc au final tu travaille à partir d'un ARN pour revenir à un ADN.
Est ce que ca va ? j'ai essayé d'être la plus claire possible mais j'avoue ca peut être un peu flou des fois ... n'hésite pas si t'as pas compris

Bisous loulou plein de courage !
Bonne fin de journée
