Voilà déjà une explication: le test de complémentation est important à comprendre, c'est une nouvelle partie, bien développée par le prof cette année. N'hésitez pas à me redemander sur le forum ou au tut' si quelque chose bloque.

TESTS DE RECESSIVITE ET COMPLEMENTATION
A. Rappels: mutations dominantes et récessives
Mutations gain de fonction (la protéine a
acquis une nouvelle fonction nocive pour la cellule).
Ex. d’une cellule diploïde qui possède pour un même gène un
allèle muté gain de fonction et un
allèle sauvage.
- les protéines produites à partir de l’allèle
sauvage fonctionnent normalement.
- les protéines produites à partir de l’allèle
muté remplissent la fonction nocive pour la cellule => manifestations pathologiques:
phénotype muté.
Dans une cellule,
il suffit qu’il existe un allèle muté gain de fonction pour que le
phénotype muté apparaisse.
Mutation gain de fonction = mutation dominante.
Mutations perte de fonction (la protéine
ne peut plus remplir sa fonction qui est nécessaire au bon fonctionnement de la cellule).
Ex. d’une cellule diploïde possédant pour un même gène
deux allèles mutés perte de fonction.
Les protéines produites à partir de ces deux allèles ne sont pas fonctionnelles => manifestations pathologiques:
phénotype muté.
Ex. d’une cellule diploïde possédant pour un même gène un
allèle muté perte de fonction et un
allèle sauvage.
Les protéines seront produites à partir des deux allèles:
- les protéines issues de l’allèle
muté seront non fonctionnelles.
- les protéines produites à partir de l’allèle
sauvage sont fonctionnelles: elles assurent la fonction nécessaire à la vie de la cellule => pas de manifestations pathologiques:
phénotype sauvage.
Dans une cellule,
tous les allèles d’un même gène doivent présenter une mutation perte de fonction pour que le
phénotype muté correspondant apparaissent.
Mutation perte de fonction = mutation récessive.
Mais si on ajoute un allèle sauvage, on observe une
réapparition du
phénotype sauvage (des protéines fonctionnelles sont produites par la cellule), c’est ce qu’on appelle la
complémentation: l’ajout d’un allèle sauvage permet à une cellule de présenter un phénotype sauvage à la place de son phénotype initial, muté (dû à la présence d’une mutation récessive).
B. Test de récessivité
= permet de savoir si une mutation est récessive.
- on prend une levure
haploïde possédant l’
allèle muté m1 d’un gène. Le seul allèle (car elle est haploïde) qu’elle possède pour ce gène est muté, elle aura donc un
phénotype muté.
- on la croise avec une levure haploïde possédant l’
allèle sauvage du gène.
=> on obtient une levure
diploïde possédant l’allèle
m1 et l’
allèle sauvage.
- si
m1 est une mutation
récessive, l’allèle sauvage suffit pour remplir la fonction =>
phénotype sauvage.
- si
m1 est une mutation
dominante, peu importe la présence de l’allèle sauvage =>
phénotype muté.
Donc si on observe un phénotype sauvage pour la levure diploïde, c’est que
m1 était une
mutation récessive.
C. Test de complémentation
= permet de savoir si deux mutations récessives de la même protéine touchent le même gène.
- on prend une levure
haploïde présentant la mutation
récessive m1 touchant une protéine (donc phénotype muté).
- on la croise avec une levure haploïde présentant la mutation
récessive m2 (phénotype muté également).
=> on obtient une levure
diploïde qui possède les deux allèles
m1 et
m2.
- si
m1 et
m2 ne peuvent pas se complémenter, ça veut dire que la levure diploïde possède
2 allèles mutés qui appartiennent au
même gène =>
phénotype muté.
- rares cas de suppression intra-génique:
2 allèles mutés d’un même gène peuvent se
complémenter => phénotype
sauvage[/color].
- si
m1 et
m2 appartiennent à des
gènes différents (
m1 est un allèle mutant du
gène 1 et
m2 est un allèle mutant du
gène 2), ça veut dire que:
- la levure haploïde avec m1 possède l’allèle M2 (sauvage) du gène 2.
- la levure haploïde avec m2 possède l’allèle M1 (sauvage) du gène 1.
=> la levure diploïde obtenue après croisement a pour génotype m1-M1 pour le gène 1 et m2-M2 pour le gène 2.
=> la mutation m1, récessive, va être complémentée par M1 et la mutation m2, récessive va être complémentée par M2.
=> phénotype sauvage.
Donc si on observe un
phénotype sauvage pour la levure diploïde, c’est que les deux mutations touchent des
gènes différentsOU que les deux mutations touchent le
même gène (
suppression intra-génique)
=> les deux mutations appartiennent à des
groupes différents de complémentation.
Et si on observe un
phénotype muté c’est que les deux mutations touchent le
même gène et appartiennent au
même groupe de complémentation.
Le test de récessivité est indispensable pour effectuer le test de complémentation: le test de complémentation ne sert à rien pour les mutations dominantes, le phénotype résultant sera forcément muté.